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Questions au Gouvernement

Le Jeudi 18 Mai 2006
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Troisième et dernière question préparée par le groupe Tahoera'a huiraatira pour la séance du 18 mai, Lucette Taero voulait interpeller la ministre de la Famille, Valentina Cross, sur les moyens qu'elle compte mettre en oeuvre pour empêcher que surviennent de tels faits divers. Là encore, cette question est restée sans réponse...
Madame la Ministre,

La société polynésienne a été cruellement meurtrie après l’annonce du drame survenu il y a une dizaine de jours, au cours duquel une adolescente a été la proie de ce que l’on appelle vulgairement « une tournante » avant d’être abandonnée, le corps sans vie, dans un caniveau de la commune de Faa’a.

Il ne s’agit plus aujourd’hui de refaire le passé, ou de chercher à comprendre le pourquoi du comment. A charge pour la justice de sanctionner comme il se doit la bande de prédateurs qui a pris part à ces actes ignobles et inqualifiables.

Mais en tant que représentants à l’Assemblée de la Polynésie française, de la majorité comme de l’opposition, nous avons le devoir de tout mettre en œuvre pour que tels faits divers ne se reproduisent plus à l’avenir.

Or, je suis sceptique. Pour ne pas dire inquiète. Car à la lecture des médias qui ont abondamment relaté l’événement, l’enfer, dans certains quartiers de Faa’a ou d’ailleurs, risque de perdurer, voire de s’amplifier, faute de réponses appropriées de la part des pouvoirs publics, qu’il s’agisse d’actions menées au plan communal ou à l’échelle du pays.

Pour illustrer mon propos, chers collègues, je vous renvoie au dossier publié par les Nouvelles de Tahiti en date du 11 mai, et dans lequel plusieurs ministres du gouvernement Temaru ont avoué publiquement leur impuissance.

A commencer par vous, Madame la ministre de la Famille, concernée en premier lieu dans cette affaire, qui déclarez, je vous cite : « (…) ma délégation à la famille a été dotée de quatre postes budgétaires, mais qui ne sont pas encore pourvus aujourd’hui. Tant que mon service n’est pas doté de moyens humains, je suis assez bloquée dans mes actions. »

Plus d’un an après votre nomination au gouvernement, vous déclarez, sans états d’âme, que vous êtes toujours en train de « monter votre petite structure ». Aussi, j’en conclus tout naturellement que vous êtes à la tête d’une coquille vide, créée dans le but d’un simple affichage électoraliste et démagogique.

Je vous rassure… vos autres collègues du gouvernement semblent aussi désemparés que vous. Tout juste ont-ils la chance de pouvoir disposer de structures mises en place par les précédents gouvernement du Tahoera’a huiraatira, ce qui leur permet de maintenir un semblant d’activité. Le service minimum en quelque sorte.

En effet, n’en déplaise à la ministre de la Santé, Mme Pia Hiro, le centre de consultation en alcoologie et toxicomanie que dirige Mme Brugiroux, ainsi que le fare Tama Hau destiné à accueillir les enfants et adolescents en difficultés, attestent s’il en est encore besoin de notre souci, à l’époque, de porter l’effort sur la prévention des risques pour notre jeunesse. De là à prétendre que « les services qui sont sur le terrain ne peuvent rien faire car pour agir efficacement, il faut une prise de conscience collective », c’est à mon sens faire preuve de capitulation.

Quant au ministre du Logement, Gilles Tefaatau, la palme du cynisme lui revient sans conteste puisque face à l’ampleur du drame, il trouve ici un nouveau prétexte pour s’inventer une nouvelle mission à Paris en vue de « re-solliciter une entrevue auprès du ministère de la Cohésion sociale de Jean-Louis Borloo », afin de présenter, je vous le donne en mille, « un plan de réhabilitation de ces quartiers indignes ». Comme quoi, ce gouvernement, lorsqu’il est dans l’embarras de mettre en œuvre sa politique sait parfaitement trouver des vertus à cet Etat qu’il sait autrement dénigrer à satiété…

De qui se moque t-on ? Je vous le demande.

Plus que l’incapacité de ce gouvernement à faire face aux dures réalités du quotidien, pourquoi ne pas reconnaître tout simplement que votre président du pays, accessoirement maire de Faa’a, récolte les fruits de sa gestion du pire, préférant cantonner ses concitoyens dans la misère, la pauvreté et le désoeuvrement pour mieux asseoir sa politique d’indépendance.

- Tout le monde sait que la mairie de Faa’a recèle un véritable trésor de guerre qu’Oscar Temaru aurait mieux fait d’utiliser à la fois pour améliorer les conditions de vie de la population et assurer la sécurité des habitants.

- Tout le monde sait aussi qu’il a longtemps refusé le concours financier de l’Etat dans le cadre du Contrat de ville.

- Sans parler de la construction, par le Pays, de nouveaux logements sociaux comme le lotissement Bonnefin, qu’il s’est employé à torpiller par tous les moyens.

Alors oui, Madame et messieurs les ministres, il est temps pour vous de regarder la réalité en face, d’arrêter de faire semblant et d’assumer vos responsabilités maintenant que vous êtes aux affaires.

Aussi, Madame la ministre de la Famille peut-elle, au-delà des colloques et séminaires qu’elle n’a eu de cesse d’organiser, nous présenter les actions concrètes qu’elle compte mettre en œuvre pour répondre au malaise qui frappe une partie de notre jeunesse ?

Je vous remercie de votre attention.
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