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Les interventions

Le Jeudi 9 Novembre 2017
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Intervention de Mme Yolande VIRIAMU à l´assemblée de la Polynésie française
Rapport d'observations définitives de la Chambre territoriale des comptes Examen de la gestion de la Polynésie française en matière de politique Agricole
Ia orana, L'enquête menée par la CTC sur la politique agricole dans notre pays, couvre les années 2010 à aujourd'hui et fait suite en réalité, à une première étude de 2008, laquelle avait conclu déjà, à une politique agricole " aux résultats décevants ", victime de " handicaps structurels " et aux " outils d'intervention publique insuffisants".

C'est donc un rapport " d'évaluation " plus qu'intéressant qui nous est proposé aujourd'hui d'étudier, avec pour but d'examiner les suites données aux précédentes observations de 2008.

En finalité de cette étude, ce nouveau rapport résume la situation en ces termes ;  " l'agriculture en Polynésie : des résultats d'ensemble en demi-teinte "
Douze recommandations viennent conclure ce rapport de 67 pages. Parmi ces dernières, je retiendrai celles concernant :

- L'évaluation du dispositif ARA – aides à la relance de l'agriculture- dont l'efficience semble poser question ;
- La nécessité d'un suivi financier et de la désignation d'un commissaire de gouvernement pour la Société KAI HOTU RAU, remise en activité en 2015 avec de nouveaux actionnaires aux côtés du pays ;
- La valorisation nécessaire de la filière forestière, dont le potentiel paraît à ce jour encore sous exploité ;
- Le renforcement des contrôles en matière d'utilisation des pesticides dans notre pays ;
- Et enfin, l'évaluation d'ensemble à mener sur la filière cocoteraie et sur la pertinence des dispositifs de soutien y afférent.

Pour ma part, j'aurai probablement insisté davantage sur l'accès au foncier agricole.
Ainsi que le recommande la CTC, une collaboration plus étroite entre la DAF et le SDR est indispensable en ce sens, de même qu'une réforme des lots agricoles.

Cette considération, personnelle, est d'ailleurs appuyée par les derniers chiffres produits pour l'ISPF.
D'après l'enquête relative au budget des ménages, et dont nous avons eu la présentation hier matin, on constate en effet, que l'autoconsommation alimentaire constitue pour les familles les plus fragiles, une véritable " soupape de survie "-pour reprendre les termes de la presse. 

Ouvrir le foncier agricole davantage ou même, soutenir et relancer les projets pilotes de jardins partagés ou de potagers pédagogiques prendraient, au vu de ces données, tout leur sens.

En guise d'observation globale, et de mon constat d'élu, pour un secteur aussi glorifié dans les discours politique que l'agriculture, secteur clef et vital pour nos archipels éloignés, on pourrait tout de même s'attendre à bien mieux.

Il est vrai que mettre les mains dans la terre, faire du compost de nos déchets alimentaires ou de nos restes de poisson, ne sent pas très bons en politique, sauf lorsque le débat politique se délocalise dans les archipels…alors oui, là, on devient tous agriculteurs, fières de planter une noix de coco germée et de se faire photographier avec sa pelle pour immortaliser l'instant !

Le rapport de la CTC ne lésine pas d'ailleurs sur quelques constats, ni sur les mots ;

-NOTRE agriculture manquerait ainsi d'évaluation, d'ambition, et même d'une simple définition.

-En guise d'état des lieux général, nous manquons de foncier agricole, nous disposons d'un faible taux de qualification chez nos agriculteurs et nous tardons à nous moderniser.

-Notre agriculture demeure également majoritairement familiale et réservée à de la consommation locale.

-Les prétendues axes d'interventions définies pour la " Politique agricole 2011-2020 " ont pris d'important retard d'exécution.

-Ou encore, les prix des produits locaux restent encore supérieur à leurs équivalents importées et ce en dépit des dispositifs de soutien (exemple sur la tomate PPN local dont le prix moyen et de 457 F, alors que celle importée et non PPN coûte 370F ).


Aujourd'hui, le leimotiv du gouvernement FRITCH semble se résumer à faire du budgétaire, du financier, du subventionné…

La politique agricole actuel se résume elle, au final à…pas grands choses :

-  pas de nouvelles du programme de revitalisation des cocoteraies dans nos archipels, alors même que des centaines de CAE ont été embauchés pour faire aboutir cette opération ;

- plus de nouvelles non plus, de la prime à la plantation, vendue par un ex-ministre de l'agriculture qui a depuis, rejoint nos rangs ;

- pas de soutien volontariste à la production de la Vanille, pourtant véritable Or noir de nos iles ;

- pas de politique des quotas organisée en concertation avec nos agriculteurs…

Bref, on laisse faire, on laisse voir venir…et pendant, ce temps, le Lobbying des grosses boîtes fait sa loi, impose ses règles, ses prix, ses exigences quantités/qualités, au nom de la " soit disant "  sacro-sainte protection des consommateurs et au détriment au final, des petits agriculteurs…

J'ai bien envie de me tromper et de croire que mon impression, n'est que le résultat d'un manque flagrant de communication avec notre institution.

Nous attendons d'ailleurs le Budget 2018 pour nous conforter ou nous faire mentir.

Quoiqu'il en soit, soutenir l'agriculture, ce n'est pas faire de beaux discours, c'est surtout faire du terrain et se salir les mains.

Je vous remercie votre attention.

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