Logo du Tahoeraa Huiraatira
Contactez nous Rejoignez nous Soutenez nous Votre Newsletter
  • Inscrivez vous à notre Newsletter pour la recevoir par email.

Les interventions

Le Mercredi 1 Novembre 2017
  • Twitter
  • Facebook
Intervention de Mme Teura IRITI à l´Assemblée de la Polynésie
Débat d'orientation budgétaire préalable au vote du budget primitif pour l'exercice 2018
Ia orana,
Soyons " Sans Tabu ", c'est dans l'air du temps il me semble. Le Débat d'Orientation Budgétaire pour cette année 2018 est tout sauf un acte habituel de gestion. Aussi, vous me permettrez Monsieur le Président d'aller droit au but et de parler de POLITIQUE et d'ORIENTATIONS POLITIQUES plus précisément. Depuis fin 2014, et à l'instar du Coucou, vous avez, avec un certain talent il faut le reconnaître, parasité tant que faire se peut le nid politique du Tahoeraa Huiraatira, le programme politique du Tahoeraa Huiraatira et détourné de leurs engagements nombreux de ses élus auxquels les Polynésiens avaient pourtant fait confiance.
 

Si pour Aristote " l'homme est un animal politique ", reste néanmoins à savoir quel animal est finalement le plus dangereux : le vieux lion ou le coucou ?

Quoi qu'il en soit, votre tentative d'OPA politique, jusque dans les initiales de votre parti (TH), a été couronnée d'un certain succès. Je le reconnais, même si je le déplore vivement. Le Tapura a parfois gagné, mais pas la Polynésie. L'opportunisme de certains a parfois gagné, mais pas les Polynésiens.

Et comme le dit si bien cette devise parasitaire : " Coucou un jour, coucou toujours ".


En effet, la présentation du paysage économique de notre " fenua " aujourd'hui, par notre Vice-Président en commission ou à travers les médias, a un air de " REPEAT ", de "DEJA ENTENDU ", sans véritable enthousiasme. Et pour preuve, il ne fait que reprendre la trajectoire des mesures mises en place par le Gouvernement FLOSSE dès son retour aux commandes du Pays en 2013. Un wagon de mesures tendant à assainir les comptes publics, dégager de l'autofinancement, pratiquer une pause fiscale, redonner de la capacité d'investissement, le retour de l'Etat au financement du RSPF.

C'est dire si la situation était difficile quand nous sommes revenus aux manettes du Pays en 2013. Ainsi, il a réellement fallu pour assainir les comptes, accroître les amortissements, limiter le recours à l'emprunt, inscrire des crédits pour admettre en non-valeurs des côtes irrécouvrables et renforcer l'autofinancement. Le FIGD, Fond d'investissement pour la Garantie de la Dette a même été créé pour garantir le service de la dette et envoyer un signal fort aux bailleurs de fonds et à l'agence de notation pour retrouver des niveaux financiers d'investissements propices au redémarrage de la machine économique et à la création d'emplois durables. Parallèlement, le FELP, Fonds pour l'emploi et la Lutte contre la Pauvreté a permis de faire face à l'urgence sociale.
Nous aurons tous compris que le Gouvernement FRITCH, ne fait que s'inscrire dans cette trajectoire d'assainissement des finances publiques du Pays déjà toute tracée. Allez chers amis, ayons un peu plus d'humilité et " rendons à César ce qui est à César ".

Mais, avouons le, le programme du Tahoeraa Huiraatira en 2013, pourtant très bien écrit par notre Vice-Président de l'époque, est exécuté au ralenti et sans effort particulier. En attendant le coucou s'amuse, si ce n'est : la croisière s'amuse. " Souriez, nous sommes filmés ".

Il nous aura fallu 5 années, le temps d'un mandat, pour assainir les comptes du Pays. Les prémices des grands projets annoncés ensemble n'ont pas encore vu le jour ! Le " Mahana Beach " par exemple qui en 2013, rappelons-le, avait permis de faire élire 38 représentants Tahoeraa Huiraatira à l'Assemblée de la Polynésie française.

Alors oui, " plus qu'un frémissement, plus qu'une embellie économique ", ces grands chantiers auraient véritablement permis de donner du travail et aux acteurs économiques et aux nombreuses personnes à la recherche d'un emploi.

Malgré une série d'annonces tonitruantes faites ces derniers mois par l'actuel Gouvernement, certaines semblent avoir déjà disparu des radars. Exit les accords de l'Elysée ? Exit le plan massif d'investissement de 60 milliards annoncé sur 2017-2018-2019 ? Exit les grands projets ? Et par conséquent Exit la création des CDI ?

Pour couronner le tout, alors que l'on pourrait compter sur l'investissement public massif et rapide grâce à l'embellie budgétaire prévue en 2018, le Vice-Président actuel nous informe en commission après que l'on ait souligné l'écart important entre le volume d'engagements et le volume effectif de liquidations, que le Pays peine à lancer les investissements du fait des retards de paiement de la participation de l'Etat aux investissements cofinancés. L'Etat a bon dos !
Que de temps perdu, mais il est vrai que le copier-coller n'est pas toujours facile à réaliser.

De plus, alors que le gouvernement se targue de clamer haut et fort qu'il y a  une croissance de 1,8 % de notre PIB, il oublie de déclarer que les inégalités, elles aussi, continuent à se creuser de plus belle ; " les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres ".

L'ISPF a publié récemment l'enquête sur les dépenses des ménages en Polynésie française, et révèle que plus de la moitié de la population vit sous le " seuil de pauvreté métropolitain " fixé à 115 000 Fcfp par mois. En métropole, 16% de la population vit en dessous de ce seuil.


Et oui, la réalité nous rattrape, quoi qu'on dise, cette triste réalité que refuse encore de voir certains. " Wait and see ? ", sûrement pas ! D'autant que l'époque de la confrontation politique Autonomie/ Indépendance est révolue.


Un nouveau combat doit impérativement nous rassembler : celui des INEGALITES et de la PAUVRETE.

C'est uniquement lorsqu'on apprendra à s'oublier soi-même et à vivre pour les autres que l'on trouvera la paix et le bonheur authentique.

A l'aube du XXI° siècle, c'est le développement des polynésiens qui nous importe. La société polynésienne est une grande famille et le Tahoeraa Huiraatira ne laissera aucun Polynésien de côté.

Pour ce faire, nous devons impérativement passer par une refondation de nos systèmes de protection et d'éducation, la réalisation de grands projets d'investissements positifs et la décentralisation effective des pouvoirs et des moyens à une échelle territoriale pertinente :

• La refondation de notre système de protection sociale généralisée de manière juste et harmonieuse, en garantissant à toutes les personnes de notre société qui sont en situation de fragilité un soutien inconditionnel et fraternel ;
Ainsi que la refondation de notre système éducatif pour se donner réellement une chance de réduire massivement et durablement les inégalités au sein de notre société, car ce sont ces inégalités qui gangrènent notre société et l'empêchent également de s'inscrire dans une démarche significative et durable d'innovation ;

• La réalisation de grands projets d'investissements positifs, comme celui du Mahana Beach, projet ambitieux et nécessaire qui, comme le Tahoeraa Huiraatira n'en déplaise à notre Vice-président, n'est pas mort lui non plus ! Des grands projets qui devront impérativement avoir des retombées sociétales positives en réconciliant enfin l'écologie et l'économie, en répondant à la fois aux besoins actuels de notre population tout en permettant d'améliorer durablement l'avenir de nos enfants ;

• La décentralisation effective des pouvoirs et des moyens à l'échelle territoriale la plus pertinente pour plus de réalisme et d'efficacité. La concertation à la Présidence sur Papeete c'est bien, la capacité réelle à agir sur le terrain de manière émancipée c'est mieux. Les acteurs de terrain, en particulier nos tavana, sont responsables et il est grand temps de leur donner les moyens de leurs légitimes ambitions.

Le Tahoeraa Huiraatira est au service du peuple, ses priorités sont clairement orientées vers le développement de notre société et sa détermination politique est plus forte que jamais.

N'en déplaise à certains, le tumu fei est toujours là et sa volonté politique est intacte tout comme son amour des Polynésiens.

Toujours dans l'air du temps, pour conforter cette expression : " NANA chômage, IA ORA NA travail ", nous devons agir MAINTENANT pour DEMAIN.

Rendez-vous en avril 2018.
 

  • Twitter
  • Facebook