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Questions au Gouvernement

Le Jeudi 25 Juin 2009
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Question orale d´Edouard Fritch à Teva Rohfritsch
A la suite de la démission de Joseph Teanotoga de son poste à présidence de la SEM Tahiti Nui Rava'ai, Edouard Fritch a posé une question au ministre en charge de la mer, Teva Rohfritsch pour lui demander quelques éclaicissements à ce propos. Nous publions également la réponse de Teva Rohfritsch. " A deux reprises, les 11 et 12 juin dernier, la presse écrite s'est faite l'écho de la démission de Monsieur Joseph TEANOTOGA en sa qualité de président de la Société d'économie mixte, Tahiti Nui Rava'ai. Pour motiver sa décision d'abandonner le navire - permettez-moi cette expression - son " capitaine " a exprimé un certain nombre de griefs à votre encontre dont certains, à mon sens, méritent pour le moins quelques explications pour notre complète information En effet, si je m'en tiens Aussi, je m'interroge : quel intérêt auriez-vous, Monsieur le ministre, à retarder les choses et à créer des...."

 aux déclarations faites alors aux journalistes, M. TEANOTOGA vous reproche tout d'abord une certaine "ingérence", ou encore votre "interventionnisme", je le cite, dans la gestion de TNR. Ce qui peut paraître un peu surprenant quand on connaît les attentes des professionnels dans ce secteur…
Dans un même temps, on apprend que si TNR n'a pas tenu de conseil d'administration depuis quatre mois, c'était de la faute du ministre qui, pour des raisons non indiquées, aurait choisi de reporter lesdites séances.

 difficultés là où elles sont déjà nombreuses ?

Enfin, j'aurai tendance à penser que M. TEANOTOGA en a trop dit ou pas assez ! " Je préfère m'en aller, je ne veux pas me salir… ", tel est le titre de la Dépêche qui m'interpelle au plus haut point.

A en croire l'ancien patron de notre flottille territoriale, il y aurait comme un parfum de scandale de nature à justifier un rapport de la Cour des comptes. Et de faire allusion à une convention liant TNR au Territoire, via son compte-courant, qu'il refuserait de signer.

Partant de ces quelques éléments d'information, et faute de réponse de votre part à l'intéressé, permettez-moi Monsieur le ministre de vous interroger publiquement sur la situation de la SEM TNR.

D'une manière plus générale, et c'est l'impression qui se dégage des articles de presse à charge, qu'est-ce qui fait que le patron de TNR et vous même ne soyez plus en phase sur la manière de conduire cette flottille de pêche ?

Plus exactement, qu'est-ce qui justifie que M. TEANOTOGA démissionne en claquant la porte alors que tout le monde, à commencer par vous, s'accorde à reconnaître la nécessité de remettre à l'eau tous nos navires pour une véritable stratégie de développement de la filière hauturière en Polynésie française ?

Il me semble important, Monsieur le ministre, de rassurer la représentation territoriale ici présente quant à la poursuite du redressement financier de cette SEM, il y a peu de temps encore, si mal en point.

Je vous remercie de votre attention

Edouard FRITCH

Réponse du Ministre des Ressources de la mer M. Teva ROHFRITSCH


Vous m'avez saisi d'une question portant sur la démission de M. Joseph TEANOTOGA de son poste de président du conseil d'administration de Tahiti Nui Rava'ai et surtout sur des mensonges qu'il a tenus devant la presse. C'est tout naturellement, dans la plus grande transparence, que je vais tenter de vous répondre. Permettez-moi de vous remercier pour cette opportunité que vous m'offrez.

Je me plie d'autant plus facilement à cette exigence que M. TEANOTOGA a jugé opportun d'ouvrir une polémique, qui à mon sens n'a pas lieu d'être, au moment même où j'étais en mission à Paris et donc, dans l'incapacité de lui répondre. Je pense qu'il a perdu une occasion de se taire.

Mais puisque M. TEANOTOGA a souhaité médiatiser son départ, allons-y ! Quand bien même, à l'heure où nous parlons, je ne vois toujours pas quelle mouche, subitement, a piqué le patron de cette SEM au point d'aller jusqu'à porter de graves accusations publiques contre ma personne dans le cadre de mes fonctions ministérielles. La poule qui chante aurait-elle pondu un œuf ?

En préambule, permettez-moi de lever toute ambiguïté : M.TEANOTOGA a fait le choix de démissionner et il en porte, seul, la responsabilité. Il en a d'abord exprimé l'intention dès ma nomination puis oralement, à plusieurs reprises dans mon bureau, et ce n'est que quelques semaines plus tard qu'il a finalement adressé sa lettre de démission…dont plusieurs personnalités, certaines censées être étrangères à la gestion de la société, ont été destinataires.

Quelle déception m'a envahie après avoir fait le choix de lui donner toute ma confiance en dépit de ses relations personnelles et politiques avec d'autres hommes politiques dans un climat d'apaisement général dont notre pays a besoin.

Mais compte-tenu de votre question, il me paraît important de m'y arrêter quelques instants…pour rétablir la vérité. Permettez-moi d'en revenir aux faits.

Dans sa lettre datée du 29 mai 2009, d'ailleurs véritable plaidoyer, il m'impute la volonté de le faire démissionner :

- C'est un premier mensonge -
La démission est son choix personnel et des témoins privilégiés peuvent en attester.

Dans les faits, M. TEANOTOGA me reproche tout simplement de mettre en œuvre un schéma de financement conçu par lui et l'ancien ministre puis validé par le CA de TNR et par l'ancien Gouvernement en novembre 2008. C'est un comble ! Il affirme aujourd'hui le contraire.

- Et C'est un second mensonge -

Le budget primitif 2009 a pris en compte sa demande initiale d'avance en compte-courant et ceci a été voté par la majorité de l'époque. Pourquoi cette volte-face soudain de M. TEANOTOGA ? Pourquoi vouloir casser subitement ce qu'il a construit ? Parce Qu'on a changé de ministre ?

Enfin, car on ne veut pas perdre tous notre temps, M. TEANOTOGA déplore le fait de n'avoir pu tenir un conseil d'administration en quatre mois et m'en impute la faute.

- C'est un troisième mensonge -

Une séance du conseil a bien été programmée d'un commun accord en mai pour pouvoir inscrire à l'ordre du jour le bilan du RDV pris à la DGI pour exposer et défendre les dossiers de défiscalisation de TNR.

Vous savez quoi ? A trois jours de la tenue du CA, M. TEANOTOGA est venu me spécifier qu'il ne voulait plus d'ACC mais d'une subvention et tout de suite. N'ayant pas de chéquier public ni de pouvoir de décider à la place de notre assemblée, M. TEANOTOGA plaçait donc TNR dans une impasse et m'imposait de reporter le CA pour traiter ce retournement d'opinion imprévisible afin de proposer un dossier étayé en CA. Quel temps perdu en effet !

Dans la presse, M. TEANOTOGA s'est plaint de mon "interventionnisme". Il m'accuse " d'ingérence "… Cette critique de mon action est à géométrie variable. Mon " interventionnisme " ne m'a pas été reproché lorsque je suis allé, en personne, plaider à la direction générale des impôts, la levée de la procédure de retrait d'agrément et rétablir des liens de confiance avec nos partenaires parisiens. Quant lui-même n'a plus voulu venir à Paris à trois jours du départ (C'est une habitude…).

En tant que Ministre des ressources de la mer, je me suis totalement investi dans la mission qui m'a été confiée par le président Oscar TEMARU et notre majorité, à savoir : redresser deux filières sinistrées, la pêche-aquaculture et la perliculture.
Ne trouverait-on pas étrange que dans le cadre de mes fonctions, je me désintéresse de TNR ?
Soyons sérieux !

Mais, il est vrai chers amis que j'ai refusé que TNR soit une "chasse gardée". J'ai rejeté les tentatives d'hégémonie de M. TEANOTOGA sur le port. C'est peut-être ce qu'il ne me pardonne pas. Car j'ai dit STOP aux cumuls à tout va.

En effet, se rêvait-il patron d'un Grand armement en cours de construction à AVAI'A…, puis patron de la société de gestion du port (la demande a été faite) et tout à la fois, patron de l'organisation des producteurs. Je ne suis pas là pour cautionner un empereur de la pêche sur fonds publics !!!
Aurais-je alors brisé un rêve ou simplement dérangé des projets occultes ?
S'agit-il là des "différends" invoqués par M. TEANOTOGA ?
Si c'est ça, je persiste et signe. Les bateaux gérés par TNR et AVAI'A doivent à terme retourner dans le privé. Nous devons soutenir les initiatives privées pour que des Polynésiens puissent être armateurs, patrons-pêcheurs, capitaines de pêche, marins… et non pas des fonctionnaires de la mer.

Je considèrerai avoir rempli ma mission le jour où TNR n'aura plus besoin de gérer des bateaux en direct.
Mais jamais M. TEANOTOGA n'a osé m'affronter sur ces positions.
Il a préféré prétendre que je voulais le "salir

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