Logo du Tahoeraa Huiraatira
Contactez nous Rejoignez nous Soutenez nous Votre Newsletter
  • Inscrivez vous à notre Newsletter pour la recevoir par email.

Questions au Gouvernement

Le Vendredi 12 Juin 2015
  • Twitter
  • Facebook
Question orale de Gilda VAIHO au Président
Monsieur le président, Lors de la pose de la première pierre du projet aquacole de Hao, la presse s'est fait l'écho de votre discours au sujet des facilités et autres exonérations fiscales accordées au groupe chinois Tian Rui. Un tel projet, dont l'investissement global est annoncé pour 150 milliards de francs, ne peut se concevoir, et c'est normal, sans certaines contreparties. Cependant, celui-ci, comme d'autres grands projets, n'ont de sens que s'ils participent à la relance de notre économie, ce qui suppose que leur construction bénéficie aux entreprises locales afin que celles-ci puissent créer des emplois locaux.

C'est pourquoi, le gouvernement précédent a toujours souhaité éviter l'usage des préfabriqués, que ce soit pour le projet aquacole de Hao ou pour le complexe touristique Tahiti Mahana Beach. Nos entreprises, et l'emploi local attendu dans la phase de construction, auraient été les grands perdants de ces projets touristiques. Il en allait de même pour le projet aquacole de Hao.

Or, la loi de pays du 17 novembre 2014 portant modification des dispositions fiscales et douanières dans le cadre des grands projets réalisés dans les zones de développement économique prioritaires et portant modification du droit domanial, modifie l'article LP.3 et prévoit des dérogations que vous n'avez pas manqué d'exploiter.
En effet, par un arrêté CM n°488 du 30 avril 2015 instituant un dispositif d'aide en faveur du développement aquacole dans l'archipel des Tuamotu Gambier, les investisseurs chinois pourront importer des préfabriqués pour la construction de leurs structures, lesquels seront en plus exonérés de toutes taxes, y compris la taxe de solidarité. Pourquoi s'en priveraient-ils si nous ouvrons la porte à cette possibilité et qu'en plus nous l'encourageons en exonérant les préfabriqués importés de toute taxes ?

Or, la défense de l'emploi local et la construction des infrastructures par des entreprises polynésiennes constituent des points majeurs qui ont guidé le précédent gouvernement lorsqu'il a décidé de lancer ces grands chantiers, dans le but évident de favoriser les entreprises locales et d'encourager la création la plus large d'emplois locaux.
Dans votre discours, vous avez-vous même souligné que ce partenariat devait être " gagnant-gagnant ". Nous partageons cette préoccupation, mais nous sommes aussi convaincus que les facilités nouvelles et les dérogations accordées aux investisseurs sont contre productives en terme d'emplois et pour nos entreprises.

Le fait que l'investisseur serait autorisé à construire ses infrastructures en préfabriqués en Chine, et simplement à les assembler en Polynésie, laisse craindre que nous abandonnions une part essentielle des emplois que le précédent gouvernement espérait créer durant la phase de construction, et que les populations des Tuamotu en particulier attendent avec impatience. Nos entreprises locales voient également des marchés importants leur échapper, quand bien même elles seraient sollicitées pour assurer le montage des préfabriqués.

J'ai récemment entendu le nouveau ministre de la relance économique, Monsieur Teva Rohfritsch, s'exprimer sur ces grands projets et nous assurer que ces projets seraient regardés sous l'angle de la défense de l'emploi local afin qu'ils bénéficient au maximum aux Polynésiens.

Ma question est simple et multiple :

Le gouvernement a-t-il l'intention de laisser les investisseurs construire leurs infrastructures en préfabriqués ? Si tel est le cas, est-ce la totalité des constructions de la ferme aquacole qui sont concernées par ces dérogations ?
A-t-on chiffré le manque à gagner pour le pays, et le manque à gagner pour nos entreprises. De quelle manière nos entreprises locales vont-elles s'insérer dans ce nouveau montage ?
Est-ce que cette dérogation en préfigure d'autres dans la phase d'exploitation de la ferme aquacole, et qui pourraient également menacer le nombre d'emplois locaux espérés ?
Enfin, si de telles dérogations sont consenties pour le projet aquacole de Hao, le gouvernement a-t-il l'intention de les consentir également sur les projets touristiques comme le Tahiti Mahana Beach, le Moorea Mahana Beach ou Atimaono, par exemple ?

 


Gilda VAIHO

  • Twitter
  • Facebook

Facebook

Restons connectés sur notre page officielle !

Tahoeraa Huiraatira

Actualités

Restez informés : Newsletter / RSS