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Le Jeudi 15 Novembre 2018
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AUJOURD HUI DEMAIN
AVIS MINORITAIRE PORTANT MODIFICATION DE LA LOI ORGANIQUE DU 27 FÉVRIER 2004 STATUT ET PLAN INSTITUTIONNEL POUR LA POLYNÉSIE FRANÇAISE
A titre d'introduction, et pour inciter à la réflexion les représentants et plus particulièrement ceux qui pourraient être tentés de voter favorablement le projet de toilettage, nous livrons à leur lecture un passage de la bible qui figure dans l'évangile de Matthieu au chapitre 9 versets 16 et 17 : " Personne ne met une pièce de drap neuf à un vieil habit ; car elle emporterait une partie de l'habit et la déchirure serait pire. On ne met pas non plus du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, les outres se rompent, le vin se répand et les outres sont perdues ; mais on met le vin nouveau dans des outres neuves, et le vin et les outres se conservent. "

Nous avons souhaité, au travers de ce passage biblique, vous dire tout simplement que le Tahoeraa Huiraatira appelle de ses voeux un véritable débat de fond sur un nouveau statut d'autonomie et non pas sur un toilettage du statut de 2004 qui date de 14 ans.

Le groupe Tahoeraa Huiraatira émet un avis défavorable aux modifications apportées à la loi organique n° 2004-192 du 27 février 2004 adoptées par l'Assemblée de la Polynésie le 15 novembre 2018.

En effet, depuis son adoption en 2004, l'actuel statut a subi de nombreuses modifications imposées par l'ETAT. Onze lois organiques ont été votées par le Parlement français. De ce fait, il a perdu sa substance vitale et est devenu, au fil du temps et au gré des majorités métropolitaines, une enveloppe vidée de son essence même, à savoir, une collectivité d'outre- mer reconnue par la Constitution française, qui se gouverne librement et démocratiquement, par ses représentants élus.

Pour le Tahoeraa Huiraatira, la Polynésie française est une collectivité d'outre-mer particulière de la République et cette particularité à laquelle nous tenons, tend à être gommée par les évolutions statutaires dictées par Paris, afin de rentrer dans les grilles d'analyse habituellement utilisées et totalement jacobines !!

La Polynésie, de par son éloignement, sa culture propre, ses règlementations différentes de celles de la France métropolitaine et des départements d'outre-mer, ne peut et ne pourra jamais être une collectivité d'outre-mer comme les autres.

Il ne s'agit pas et il n'a jamais été question de surenchère statutaire mais de bâtir une vision claire et solidement protégée par la Constitution.
Pour le Tahoeraa Huiraatira le statut est essentiellement un outil, dont la vocation première, est de servir au développement économique, social et culturel de notre Pays.


La démarche de l'Etat tendant à maintenir la loi organique du 27 février 2004 après modifications, ne va nullement dans le sens de l'histoire, voulu par ce même Etat, lequel dans l'article 1er alinéa 4 du statut de 2004 proclamait " la République garantit cette autonomie et FAVORISE SON EVOLUTION... "

Ce membre de phrase a-t-il un sens réel, ou y est-il simplement, pour faire joli, puisque la France s'oppose à toute évolution de notre autonomie.
Dans ce monde en pleine évolution, alors que tous les peuples aspirent au progrès, à l'émancipation, à plus de liberté, pour nous, c'est le recul des acquis institutionnels, c'est plus de soumission.

Pour toutes ces raisons le Tahoeraa Huiraatira rejette donc avec vigueur le projet de modifications apportées à la loi organique du 27 février 2004.

Mais, nous ne voulons pas nous contenter de critiquer, de rejeter le toilettage imposé par l'Etat, pour le plaisir de casser. Notre opposition est constructive.
Aussi le Tahoeraa Huiraatira propose un statut de large autonomie, celui de :
" PAYS ASSOCIE A LA FRANCE ".

Ce projet ne date pas d'aujourd'hui. En 2010 déjà nous en parlions. En 2014, pour les 30 ans de l'autonomie, nous en parlions encore à la tribune de l'Assemblée. Nous l'avons mûri, réfléchi, approfondi et construit patiemment, avec beaucoup d'application. Aujourd'hui il est prêt.

Edouard Fritch, Président de la Polynésie française, Teva Rohfritsch, Gaston Tong Sang, René Temeharo, Michel Buillard, Jean-Christophe Bouissou, Lana Tetuanui et de nombreux autres membres du Tapura étaient d'accord sur le statut de Pays associé à la France. Aujourd'hui le vent a tourné et ils ont viré aussi.

Le Président de la République a été saisi à trois reprises par courriel et lettres que nous lui avons adressées, aucune réponse.
Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République, a énoncé le 16 octobre 2018 après le remaniement ministériel : " Il n'y a ni tournant, ni changement de cap ou de politique...
Les réformes se poursuivront afin de redresser le Pays....
Notre objectif est simple : que nous reprenions pleinement la maîtrise de notre destin. Cela ne se fera pas en un jour. "
Chers concitoyens et nous Polynésiens pourquoi notre destin est-il décidé par un fonctionnaire d'Etat, ou par Paris ?
Ne pensez-vous pas que le temps est arrivé où c'est au peuple polynésien de reprendre pleinement la maîtrise de son destin ?
 

-   Après deux siècles d'administration coloniale ;
-   40 ans après la première autonomie interne de 1984 ;
-   40 ans de gouvernance avec l'autonomie et de vivre ensemble avec la France.

Pour quelles raisons la France ne nous accorderait-elle pas sa confiance ?
Quelle différence il y a entre Calédoniens et Polynésiens ?
Nous demandons à la France que, cinq ans après l'application du statut de : " Pays associé à la France ", en 2025, que la France organise un scrutin d'autodétermination, un référendum, avec la question suivante : " VOULEZ-VOUS QUE LA POLYNESIE FRANÇAISE ACCEDE A LA PLEINE SOUVERAINETE, EN ASSOCIATION A LA FRANCE. "

Ce serait la confirmation concrète de la reconnaissance, par l'Etat français, du rôle joué par la Polynésie française dans la possession par la France, de l'arme thermonucléaire.
Et c'est grâce, en grande partie, à la Polynésie française, que la France a acquis aujourd'hui sa pleine souveraineté et, sa place parmi les cinq grandes nations de ce monde. L'Etat a tendance à trop souvent l'oublier.
Mais nous devrons faire preuve de courage, de beaucoup d'effort sur nous-mêmes, si nous voulons réussir l'exercice de la souveraineté, comme nous avons réussi avec l'autonomie.
Nous ne demandons pas l'indépendance.
Nous irons à Paris et non ailleurs.

Nous négocierons avec le gouvernement français et non avec des nations étrangères, dans le respect mutuel et la paix.
Nous ne voulons pas couper le cordon avec la France, mais nous voulons pouvoir décider de notre avenir, de notre destin et les jeunes du leur, du destin du peuple MAOHI.
Nous vous invitons tous : représentants et membres du gouvernement, réunis dans ce lieu, où les grandes décisions concernant notre Pays sont prises, devant le peuple, ensemble, demandons à la France de nous accorder cette voie nouvelle, celle d':
" ETAT SOUVERAIN, ASSOCIE A LA FRANCE. "
L'assumer sera une immense responsabilité, nous la devons à nos enfants, refuser ce progrès serait manquer d'audace et de courage.
La souveraineté est à notre portée, mais il nous faut absolument un temps pour préparer cette étape cruciale de notre vie, un temps également pour passer avec la France des accords relatifs à la mise en oeuvre de certaines compétences : l'éducation, les compétences régaliennes notamment et le scrutin d'autodétermination.

Si le délai proposé de 5 ans , pour nous preparer et pour négocier avec la France, avec référendum, s'averait insuffisant, il pourrait être porté à 10 ans.


Pour conclure, NOUS VOUDRIONS PARTAGER AVEC VOUS CETTE VIEILLE MAXIME MAOHI : " ON NE REPOUSSE PAS DU PIED, LA PIROGUE QUI VOUS A CONDUIT SUR LE RIVAGE. "

POUR RESUMER :

1. Ce 15 novembre 2018, le Tahoeraa Huiraatira émet un avis défavorable et rejette le projet de modifications apportées à la loi organique du 27 février 2004 ;

2. Le Tahoeraa Huiraatira prie Madame la Ministre des Outre-mer de bien vouloir retirer de l'ordre du jour des travaux préparatoires, relatifs au statut de la Polynésie française, le projet portant modifications de la loi organique du 27 février 2004.

3. En 2019 – 2020, le Tahoeraaa Huiraatira propose le remplacement de la loi organique du 27 février 2004, par un nouveau statut d'autonomie, celui de : " Pays associé à la France. "

4. De 2020 à 2025 le Pays dispose de cinq années pour se préparer, pour négocier des accords avec la France, relatifs à la mise en oeuvre de certaines compétences : l'éducation, les compétences régaliennes notamment et le scrutin d'autodétermination. Ce temps obligatoire de 5 ans pour nous préparer et négocier avec la France, peut être porté à 10 ans.


5. En 2025, organisation d'un scrutin d'autodétermination, un référendum avec la question : " VOULEZ-VOUS QUE LA POLYNESIE FRANÇAISE ACCEDE A LA PLEINE SOUVERAINETE EN ASSOCIATION A LA FRANCE "

6. EN 2026, SI DIEU LE VEUT, LA POLYNESIE FRANÇAISE DEVIENDRA UN : " ETAT SOUVERAIN ASSOCIE A LA FRANCE ".

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Voulez-vous que la Polynésie française accède à la pleine souveraineté en association à la France OUI

Voulez-vous que la Polynésie française accède à la pleine souveraineté en association à la France NON

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Pour le Tahoeraa Huiraatira

Gaston FLOSSE

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