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Les interventions

Le Mardi 11 Septembre 2018
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Intervention de Vaitea LE GAYIC à l´Assemblée de la Polynésie française
Projet de loi portant approbation du projet de convention de financement relative à la participation financière de l'Etat au fonctionnement du Conservatoire artistique de la Polynésie française pour l'année 2018
Ia ora na, Ce projet de délibération soumis à notre examen vient approuver un projet de convention de financement relative à la participation financière de l'Etat au fonctionnement du Conservatoire de la Polynésie française. Instituée par voie de convention, cette contribution financière de l'Etat, versée au titre de l'enseignement initial de la musique, de la danse, des arts plastiques et des arts dramatiques, existe depuis 1980.

Or, depuis 2013, les dispositions statutaires du Pays ont entrainé la caducité de cette convention, transformant le versement de cette dotation sous la forme d'une convention annuelle de financement, entre le Pays et l'Etat.

Dès lors, l'examen de cette convention relève d'un exercice annuel, auquel est soumis notre assemblée et pour lequel il est de notre devoir, en tant qu'élu de cette institution, d'évaluer la juste utilisation des moyens dévolus à l'établissement, sur un plan qualitatif comme quantitatif et cela durant l'année scolaire.

A cet égard, rappelons que la dotation reçue de l'Etat est ensuite reversée au budget du Conservatoire, qui s'engage à l'utiliser dans le cadre du dispositif des classes à horaires aménagés, en faveur de la promotion et du développement de l'enseignement de la musique, il s'agit des classes dites " CHAM " et de la danse, autrement appelées " CHAD ".

Pour 2018, la dotation de l'Etat reste inchangée par rapport à 2017 et s'élève à 10.620.525 francs. A titre d'information, depuis la mise en place de la convention annuelle en 2013, le niveau de participation financière est passé de 10 millions 490 milles francs à 10 millions 620 milles francs, soit une progression quasi-nulle de la subvention, alors que les besoins en formation dans ces domaines de l'enseignement de la musique et des arts traditionnels, se sont accrus fortement depuis ces dernières années.

Je ne veux pas enfoncer des portes ouvertes, mais comme vous le savez, par le biais des enseignements artistiques, ce dispositif participe fortement à lutter contre l'absentéisme et le décrochage scolaire, particulièrement au sein des collèges de Taravao, de Taunoa, de Tipaerui et de Paopao, qui sont les établissements auxquels s'adressera le Conservatoire pour l'année 2018/2019.

Aussi, au regard des chiffres pour le moins alarmants, dénoncés en 2014 par la Chambre territoriale des comptes, n'aurait-il donc pas été judicieux et le terme est faible, de voir cette dotation financière de l'Etat augmenter ? Ce n'est pas tout de dire que " le retard scolaire de la Polynésie est l'équivalent d'une génération, soit environ 20 ans ! ", il faut également agir sur des leviers financiers, pour permettre de résoudre véritablement ces difficultés liées à la déscolarisation précoce.

Les enseignements artistiques ne sont-ils pas une solution alternative, pour tenter de répondre à ces situations ? Ce sont bien les questions que nous nous sommes posés en commission et les réponses ont été claires :
• Une meilleure valorisation des élèves qui développent une plus grande estime de soit,
• Une baisse de l'absentéisme non justifié,
• Le décrochage scolaire a sensiblement diminué,
• Les parents sont plus investis,
• Les arts traditionnels répondent davantage aux attentes des enfants.

C'est pourquoi notre position à l'égard de cette convention reste partagée. Nous disons oui, bien évidemment au versement d'une dotation de l'Etat, pour le fonctionnement du Conservatoire artistique de la Polynésie française. Nous soutiendrons toujours l'enseignement de la musique et des arts traditionnels dans les établissements du 2nd degré.

En revanche, nous considérons que cette participation financière de l'Etat, qui fait l'objet d'une convention annuelle, doit également être réévaluée en fin de chaque exercice, de sorte à répondre au mieux aux besoins identifiés et permettre véritablement de réduire les inégalités qui favorisent la déscolarisation précoce, voire le décrochage scolaire.

C'est donc avec un bémol, que nous voterons favorablement à ce texte.

Je vous remercie de votre attention.
 

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