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Les éditoriaux

Le Lundi 30 Juillet 2012
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Jacqui Drollet, le pédagogue démagogue
Ce n'est pas à Jacqui Drollet qu'il faut apprendre à faire la leçon. Il sait. Tout simplement. Avec son aîné de 21 jours, Oscar Temaru, Singe et Scorpion tout comme lui, il connaît par cœur la recette de la soupe à la grimace, qui n'est que meilleure, lorsqu'elle est concoctée en duo. Ils l'ont prouvé.
 

Ce n'est pas en février 2013 que " le leader iamaniste " voudrait voir organisées les prochaines élections territoriales. Ni même en mai, en juin ou en août, comme on a pu l'entendre, il propose, carrément, la fin de l'année 2013, " en septembre ou en octobre " selon ses propos rapportés par La Dépêche de Tahiti du 27 juillet 2012. Tant qu'à faire, autant repousser à 2014. Voire à dans cinq ans. Bonaparte l'a bien fait une fois, en passant de héros militaire à Premier consul, pour finir Empereur ! " L'histoire se répète toujours deux fois : la première comme une tragédie, la seconde comme une comédie ", disait Marx. Entre tragédie et comédie, reste à savoir où nous en sommes !
 

Jacqui Drollet donne même les raisons de sa proposition : " A partir du moment où une loi est établie, pour que les uns et les autres puissent se prononcer il faut qu'il y ait de l'information, de la pédagogie, des explications ". Quel grand pédagogue que voilà ! Entre Socrate, Rousseau ou Freinet, Drollet a le choix de l'école. A moins qu'il ne préfère la pédagogie soviétique de Makarenko, certainement plus en accord avec les idéaux du Ia Mana Te Nunaa.

" Ia Mana Te Nunaa ", " Que le peuple soit au pouvoir ", ce grand idéal de la démocratie si chère à Jacqui Drollet, qu'il ne manque pas d'en faire une petite leçon d'explication. " A partir du moment où le consensus ne permet pas d'aboutir, il faut que la machine tourne et, à ce moment-là, on se rabat sur la démocratie. Et c'est la règle de la majorité qui prévaut (…) la majorité des représentants à l'assemblée donne son sentiment. C'est sur ce sentiment de la majorité que les choses se débattront ". Ce n'est pas Thomas Jefferson, 3ème président des Etats-Unis d'Amérique, qui dirait le contraire puisqu'il expliquait déjà : " Une démocratie n'est rien de plus que la loi de la foule, suivant laquelle 51% des gens peuvent confisquer les droits des 49 autres ". CQFD.

Voilà l'idée de " consensus " de Victorin Lurel, balayée d'un revers de la main par Drollet, qui n'a que faire finalement du " principe républicain de ne pas modifier un scrutin dans l'année qui précède une élection pour ne pas l'entacher de soupçon " si cher au ministre des Outre-mer. Tel l'architecte démiurge d'une démocratie bien drôle, tel un dieu, Drollet explique quand voter, comment et surtout pour qui. Une pédagogie qui a tout de la démagogie !

Tout est plié. Il suffit désormais d'écouter notre seul maître à penser, Jacqui Drollet, qui propose de mettre notre sort entre les mains des élus d'une assemblée à bout de souffle, avec une majorité UPLD béni-oui-oui qui donnera, sans sourciller, son accord pour un report des élections à fin 2013. Le tout, histoire d'avoir le temps de sa pédagogie, et surtout pour se maintenir un an de plus afin de  profiter, à tord et à travers, du pouvoir et de ses moyens.

Personne n'est dupe. Heureusement que le Parlement n'en fait pas de même, et que la loi est là pour que la démocratie reste libre. Sinon, il suffirait pour la gauche, ultra-majoritaire dans les deux chambres, d'accorder les pouvoirs exceptionnels à vie à François Hollande. La démocratie n'aura plus alors qu'à se couper elle-même la tête ! 
 

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