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Les éditoriaux

Le Mercredi 23 Février 2011
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Et de 3 !... On se demande à quoi joue le président du gouvernement.
Savez-vous comment To Tatou Ai'a conclut son communiqué d'hier ? " Démissionner serait laisser le pays voguer sans capitaine… ". A d'autres ! Tong Sang n'en disait pas tant quand il a abandonné son radeau samedi dernier au moment où les discussions précisément sur le budget allaient être entamées dans l'hémicycle ! Ainsi, pour la 3ième fois depuis samedi 19 février, Gaston Tong Sang engage sa responsabilité par lettre adressée au Président de l'Assemblée de la Polynésie, comme le veut la procédure. Sauf que la procédure, il n'en a cure depuis plusieurs jours, et des élus à l'Assemblée non plus ! Alors à quoi joue-t-il ?  Pourquoi maintenant que le pays dispose d'un budget, réclame-t-il une motion de renvoi ? Peut-être tient-il vraiment à l'intervention de l'Etat par le biais du Haut Commissaire…Oubliées ses belles promesses de donner un budget à la population. Face  ....

à la presse hier matin, presque jubilant, Tong Sang  prédisait au sujet de la motion de renvoi " Tout le monde voudra être candidat et ce sera le chaos " Et la moralité de sa jolie petite histoire ? Gardez-moi bien au chaud dans mon fauteuil, assis sur le budget voté que je ne veux pas exécuter… Comme ça, pas de chaos, nous dirons plutôt statu quo… Bravo…

Alors, on voit bien dans le communiqué de To Tatou Ai'a qu'il se confond en explications évasives : sur la date de remise du 1ier budget, mais il ne dit pas tout ; sur l'interprétation à sa manière du désormais célèbre article 156-1 et la énième invitation à l'adresse de l'opposition majoritaire afin qu'elle opte pour une motion de renvoi… Mais bon sang ! Pourquoi le président Tong Sang tient-il autant à ce que les autres groupes politiques aillent vers la motion de renvoi ? Car, si les représentants ont voté ce budget, il n'y a aucune raison pour qu'ils envisagent de le remplacer par ailleurs !

Tong Sang semble agir un peu comme quand il avait évoqué sa démission en octobre dernier, initié les discussions relatives à la plateforme autonomiste, pour finalement esquisser une pirouette arrière, se faisant alors passer pour le roi dont on voudrait couper la tête.

En présentant aujourd'hui un nouvel engagement de sa responsabilité au président de l'APF, il reconnait de fait que ses lettres du 19 février ne sont pas valables et par la même occasion rend caduque, voire nulle, toute la procédure devant en procéder… sa fameuse motion de renvoi… une constance que l'on peut aisément retrouver dans quelques un de ses discours depuis plusieurs jours…

Alors, nous serions tentés de dire : mais si Tong Sang veut engager sa responsabilité, eh bien qu'il le fasse et " fin film " comme on dit. Et il poursuivra avec son Budget... Et d'ailleurs, puisqu'il s'agit de son 2ième projet, pourquoi alors Tong Sang lui-même remet-il en question, et l'équilibre, et la sincérité du budget voté (voir sa 3ième lettre réf. 359.02/PR) ?

Il la voulait déjà cette motion de renvoi ! peut-être à défaut d'avoir pu obtenir une adhésion collégiale aux clauses de son protocole d'accord autonomiste. Et, peut-être que voyant les représentants de toutes les couleurs bien partis pour s'entendre sur un vote final favorable une fois que la pression fiscale de 7 milliards aurait été évitées à la population, il aurait vu la bobine de son scénario machiavélique partir en fumée. Brandissant sa responsabilité, il aurait alors mis la charrue avant les bœufs, tentant un tour de force en violation de la loi statutaire.

A présent, il ne lui reste plus qu'à publier au Journal Officiel, aujourd'hui dernier délai, le budget qui a été voté à l'Assemblée. Dans le cas contraire, le Haut Commissaire en vertu de l'article 166, imposera-t-il à Tong Sang de s'exécuter ? Sinon, c'est l'article 167 qui s'appliquera : " A défaut de publication au Journal officiel de la Polynésie française des actes ressortissant à la compétence de la Polynésie française dans un délai de quinze jours ou de promulgation des actes prévus à l'article 140 dénommés "lois du pays", le haut-commissaire en assure respectivement sans délai la publication ou la promulgation. " Nous serions tenté de dire, laissons le délirer… heu dériver… enfin bon…se débrouiller.
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