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Les éditoriaux

Le Jeudi 24 Février 2011
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´De tes 18 milliards tu ne disposeras plus…´ ou une conception TongSanguienne de l´Autonomie.
Le fenua n'avait jamais connu pareille situation… Normal : le président en place bénéficiant en principe toujours d'une majorité à l'Assemblée, il avait l'assurance de voir ses projets passer la barrière du conseil des ministres et être validés en délibérations au sein de l'hémicycle ; un processus courant qui avait incité des détracteurs à décréter la toute puissance du  ...

chef de l'exécutif et spécifiquement depuis la promulgation  de la loi organique, prévue par la constitution, portant statut d'autonomie de la Polynésie française en 2004 (loi organique n° 2004-192) et loi ordinaire la complétant (loi n° 2004-193). Or, les débats apparus ces derniers jours autour du vote du budget ont bien évidemment mis en exergue la logique démocratique caractérisant bien le statut très envié de la collectivité d'Outre-mer que nous sommes. Notre pays n'est plus un territoire ou une colonie, il est dit désormais " Polynésie française " ; les conseillers territoriaux reconnus " représentants " du Peuple à l'Assemblée de la Polynésie française qui " accède à l'autonomie dans la République " selon l'article 74 de la Constitution.

Notre autonomie bénéficie donc d'un fondement constitutionnel et nous permet un fonctionnement à l'image de la République, avec un transfert de compétences étendues. Ainsi, l'organe exécutif qu'est le Gouvernement est placé sous le contrôle de l'Assemblée et présidé par le Président de la Polynésie française élu par elle. Mais si le président ne peut pas faire cavalier seul, il est certain que, au-delà d'un cadre statutaire dont la Polynésie française ne peut que tirer profit, tout son pouvoir réside dans sa capacité de mobilisation, de persuasion autour de projets communs et d'avenir pour le pays.
On a pourtant du mal à en dire autant aujourd'hui du président Tong Sang. Déposant un projet de budget et lois de pays afférentes complété sur le tard, qui n'a heureusement pas empêché les représentants de mettre le doigt sur le montant vertigineux de 7milliards d'impôts et taxes nouveaux qui devaient peser sur la population en 2011 ; attendant un premier rejet en séance plénière pour revenir avec une 2ième mouture préparée le temps d'un weekend avec des solutions miracles qui n'en étaient pas tant elles allaient à l'encontre du souhait général de développement et de relance économique et surtout elles ne respectaient pas le soucis d'équité quant à la répartition des charges demeurées ; s'érigeant en martyr dont on voudrait le siège alors qu'il a été l'instigateur des discussions de la plateforme autonomiste, agitant l'épouvantail du 31 mars puis engageant prématurément sa responsabilité comme pour forcer le destin vers une reprise en main, in fine, par l'Etat, Tong Sang semble être à la recherche des camouflets, ne mesurant pas par exemple la portée de ses propos quant il promet " le chaos " si les représentants polynésiens avaient à déposer une motion de renvoi.
Mais le chaos dont Tong Sang parle, n'est-il pas plutôt celui qu'il a peut-être amorcé en signant la réforme de la " dette du nucléaire " avec la ministre de l'Outre-mer il y a tout juste un an ? Envolés les 18 milliards de la DGDE (la Dotation Globale au Développement Economique) dont la Polynésie disposait librement ! Envolés vous dis-je les 18 milliards dont beaucoup pensent encore qu'ils viendront compenser ça et là les déficits d'une Polynésie dont le président semble tout juste bon à arrondir les fins de mois, incapable de mobiliser, d'emmener les représentants de la Polynésie vers un projet d'avenir concret et pérenne. Pas assez sûr de lui – mais raide dans ses souliers – pour renégocier la convention qui assurait annuellement 18 milliards à la Polynésie, Tong Sang a préféré remettre notre porte-monnaie entre les mains de l'Etat afin qu'il décide à notre place de la gestion de cet argent… Une sorte d'avant-première du scénario qui s'esquissait pour le budget de 2011… Ainsi, de ces 18 milliards, inscrits désormais dans la loi de finances, l'Etat décide – et non plus désormais la Polynésie française – d'une dotation de fonctionnement, ni plus, ni moins, de 11 milliards pour la protection sociale et les soins médicaux ; d'une dotation de 6 milliards pour les chantiers prioritaires qui devront – deuxième filet – bénéficier de l'approbation du ministère de l'outre-mer. Enfin, et c'est le comble, la dotation aux communes qui relèvent de la compétence de l'Etat, se voit limitée au 1 milliard restant, alors qu'en toute logique, ces crédits auraient dû, non pas être ponctionnés sur un acquis polynésien en vertu de la dette du nucléaire, mais plutôt venir en supplément de ces 18 milliards. Si selon ses propres déclarations, Tong Sang n'avait " pas envie de faire partie d'un peuple qui vit d'une rente " il préfère manifestement être de ceux dont papa et maman gèrent l'argent de poche, incapable peut-être de le faire lui-même ni de se porter garant d'une Polynésie responsable quand il est allégué un manque de transparence. Etait-ce bien là la meilleure solution ? Peut-être celle de la facilité, incapable de tenir la dragée haute à ses interlocuteurs.
"Le Pays ne cède pas un pan de son autonomie. " avait-il justifié son acte en ajoutant que tous les leaders politiques de sa majorité approuvaient cet accord. A tel point que beaucoup ont fini par quitter sa galère… ? " Ou allons-nous ?" Le président Tong Sang préfère-t-il couler le bateau plutôt que de passer la barre ?
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