Logo du Tahoeraa Huiraatira
Contactez nous Rejoignez nous Soutenez nous Votre Newsletter
  • Inscrivez vous à notre Newsletter pour la recevoir par email.

Les éditoriaux

Le Samedi 9 Février 2013
  • Twitter
  • Facebook
Quand Oscar Temaru s´invente une victoire
" Ite missa est " ! Les déclarations d'Oscar Temaru devant l'Assemblée de Polynésie semble en effet sonner la fin de la messe, " une date historique pour le pays" d'après le président golfeur, mais pour qui ? A entendre ce dernier, une révolution se prépare à l'ONU et tous les services des Nations Unis semblent s'être mis en branle-bas de combat pour faire plaisir à Oscar. Iront-ils jusqu'à modifier l'agenda officielle de cette noble institution internationale pour les beaux yeux d'Oscar Temaru ?

L'ONU, comme la plus part des institutions, fonctionne suivant des procédures gravées dans le marbre.
L'Assemblée Générale des Nations Unis se réunit chaque année, indubitablement, de septembre à décembre avec une ouverture solennelle de la session plénière par tous les chefs d'Etat membres. Pour que la résolution d'Oscar Temaru soit inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée  onusienne, il faut déjà qu'elle passe les différentes étapes de l'étude de la requête, en termes d'opportunité et d'éligibilité, par le service des affaires de l'Assemblée générale à New York.
Une fois inscrite sous forme de question, il faudra que, durant la session plénière, qui court, rappelant le, de septembre à décembre, la commission n° 4, celle chargée des questions de politiques spéciales et de la décolonisation, examine la requête. Au terme des tractations, parce qu'il faudra bien que sur le sujet de la réinscription de la Polynésie française sur la liste des pays non autonome il y ait une harmonisation sur la position de chaque Etat membre, la commission n°4 présentera des recommandations sous forme de projets de résolution ou de décision, à l'Assemblée générale. Le projet de résolution devra alors être voté à la majorité simple des membres de l'Assemblée Générale, soit 97 Etats sur 193 pour être applicable.
Une résolution à l'Assemblée générale de l'ONU, contrairement à ce que peuvent croire certains, n'a pas de valeur contraignante en droit international public, seules les résolutions prises par le Conseil de Sécurité de l'ONU, véritable organe exécutif, disposent de cette faculté.
Il y a, dans cette démarche obsessionnelle d'Oscar Temaru, la volonté d'aller vite, très vite même. Pourquoi ?
Personne n'est dupe, les élections arrivent, les dates sont définitivement arrêtées et Oscar ne peut plus rien faire contre cela.
La baisse des hydrocarbures, décision prise de façon unilatérale sans aucune discussion avec les professionnels du secteur, comme les modifications du statuts de la SOFIDEP pour lui permettre d'investir dans le grand projet aquacole en partenariat avec des investisseurs chinois dont on ignore tout, sont autant de mesures démagogiques dont l'objectif final est de donner à Oscar Temaru, un semblant de bilan gouvernemental positif.
Pire encore, Oscar doit, coûte que coûte, réunir la base du Tavini huiraatira en les appâtant avec son discours démagogique sur l'indépendance et quoi de mieux que cette mythique quête de la réinscription sur la liste des pays à décoloniser !
Le Tavini huiraatira s'étant mis officiellement en campagne depuis le 2 février dernier, il est urgent que le sujet de l'indépendance soit, encore une fois, médiatisé pour galvaniser les troupes.
Alors quid de la volonté du peuple  Maohi face à l'entêtement d'Oscar Temaru  de réinscrire la Polynésie sur la liste  des pays à décoloniser ? Pour l'instant, il n'en a cure. Bien qu'il n'ait pas été mandaté par le peuple pour aller négocier la réinscription de la Polynésie sur la liste onusienne, il le fait quand même au détriment du " nunaa " dans son ensemble qui, pour  l'instant, n'arrête pas de souffrir de la dépression économique.
En octobre dernier, à la question de l'indépendance des îles Falkland, le représentant de la Grande Bretagne au sein de la commission n°4 de l'ONU, celle chargée des questions de politiques spéciales et de la décolonisation, déclarait :
" Il ne peut pas y avoir de négociations sur la souveraineté des îles Falkland à moins que et seulement si ses habitants en expriment le souhait. "
Oscar Temaru le sait pertinemment. Le cœur du débat des prochaines élections sera bien l'autonomie ou l'indépendance. Le développement économique de notre pays en dépend. Oscar Temaru  profite de la légitimité que lui donne sa fonction pour faire croire au monde entier qu'il a été élu pour réclamer l'indépendance. Le sénateur Tuheiava, le Tavini huiraatira et Oscar Temaru, lui-même, ont pris l'histoire de la Polynésie française en otage pour servir leur cause.
Si Oscar Temaru perd les prochaines élections territoriales, il n'aura plus aucune légitimité pour négocier quoique ce soit avec qui que ce soit. Pire encore, se sera un véritable désaveu pour lui et les indépendantistes de la part du peuple dans son ensemble.  De réinscription, comme de l'indépendance, il n'en sera plus question.
Aller vite, c'est le leitmotiv aujourd'hui d'Oscar Temaru et de son gouvernement. Il leur faut s'inventer un bilan, masquer cinq ans d'incompétence par une espèce de coup d'éclat : les chinois et la réinscription. Mais dans le fond, rien ne change.
Les manchettes des différents journaux semblent chanter la victoire d'Oscar et du Tavini. Une victoire qui ressemble plus à un roman, un conte de fée indépendantiste, de la poudre jetée aux yeux du peuple pour essayer de masquer la réalité des faits : un pays et un peuple déclinent depuis qu'Oscar Temaru et le Tavini huiraatira sont à sa tête.
 

  • Twitter
  • Facebook

Facebook

Restons connectés sur notre page officielle !

Tahoeraa Huiraatira