Edouard Fritch et Lana Tetuanui au Journal Télévisé sur Télévision 1ère
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Extrait en tahitien avec Lana Tetuanui : Lire (11mn) ou Télécharger (Wmv de 21mo)
Transcription de l'interview
Natacha Szilagyi : Edouard Fritch, bonsoir.
Edouard Fritch, ex-VP du Pays : Bonsoir.
Natacha Szilagyi : Merci d'être là ce soir. Au-delà de la stupeur qu'a provoqué, chez vous, la décision de Gaston Tong Sang de se passer de vos services au sein du Gvt, qu'est-ce que cela vous fait de réaliser que vous êtes mis sur la touche politique pendant 3 mois ?
Edouard Fritch : D'abord, un peu d'amertume quand même parce que je crois que lorsque le Pdt de la Polynésie parle de confiance, il n'y met aucun sens. Parce que je crois que, avec les ministres Tahoeraa Huiraatira, nous avons servi Gaston Tong Gang, ce Gvt et notre Pays en toute loyauté, en toute confiance. Nous lui avons tout dit, nous lui avons tout donné. Nous avons travaillé sans relâche pour aboutir à des résultats qui sont excellents.
Natacha Szilagyi : Sauf qu'à l'APF votre groupe, le Tahoeraa, a voté contre son budget. Est-ce que vous comprenez le fait qu'il ait eu envie d'être totalement rassuré par rapport à la confiance que vous lui portiez ?
Edouard Fritch : Oui, mais ce qu'il oublie aussi c'est que, avec mes collègues Tahoeraa Huiraatira, nous avons de cesse agi auprès de notre groupe pour lui expliquer la politique menée par le Gvt. C'est vrai que ça n'a jamais été facile, nous avons eu une vie dure pendant cette année, mais je crois que ça valait le coup, parce que le Tahoeraa Huiraatira, il ne faut pas l'oublier, a été trompé par le Pdt Tong Sang. Il a lui-même renié sa signature au mois d'avril 2010, donc il n'était pas aisé. Et je lui ai reproché hier de n'avoir rien fait pour tenter de reconstituer une majorité autour des autonomistes, mais c'est vrai qu'il n'a rien fait. Et je crois que c'est ce que je paye aujourd'hui. Je paye aujourd'hui parce que je suis devenu encombrant ; mon nom a rassemblé au mois de novembre dernier, décembre, une espèce de plateforme autonomiste qui avait la volonté de travailler ensemble. Gaston Tong Sang nous a même soutenu, nous a même promis de démissionner pour aboutir au succès de cette plateforme. Mais aujourd'hui, je crois que je suis devenu un peu gênant.
Natacha Szilagyi : Alors, justement, puisque la situation est plus claire aujourd'hui, en tout cas au niveau politique, est-ce qu'il est question de motion de défiance ce soir ?
Edouard Fritch : Non, il n'est pas question de motion de défiance. La situation est en effet peut-être un peu plus claire sur le plan politique. Sur le plan politique politicienne. Mais je crois que sur le plan général, on a ajouté de la confusion à la confusion. Ecoutez, on se retrouve plus que jamais ; Gaston Tong Sang se retrouve avec sa petite majorité, d'une quinzaine de voix peut-être. Et encore, le groupe Te Mana o Te Mau Motu aujourd'hui travaille un petit peu avec Oscar Temaru, fait l'intermédiaire. Moi je crois que, en tous les cas, la décision qu'il a prises hier soir n'apporte aucune perspective. Que va-t-il se passer demain ? Je suis comme vous, je me pose la question.
Natacha Szilagyi : On dit que le To Tatou Ai'a, de Gaston Tong Sang, pourrait désormais se rapprocher une nouvelle fois des indépendantistes...
Edouard Fritch : Je pense...
Natacha Szilagyi : Est-ce que vous avez entendu parler de cette rumeur ?
Edouard Fritch : Oui, j'en ai entendu parler et je pense en effet que c'est le groupe Te Mana o Te Mau Motu qui, aujourd'hui, fait un petit peu l'intermédiaire dans cette affaire. Et je crois que la ministre Penchard est aussi informée de cette affaire à Nouméa. Mais je crois que ce genre de combine, au moment où tout le monde attend un petit peu de stabilité, que ça soit sur la plan économique ou sur le plan politique, un retour de la confiance, ce que devient Gaston Tong Sang, empire la crise ! Il a pris des décisions, en fin de compte, sans savoir où réellement il allait mener la Pays. Et vous avez vu...
Natacha Szilagyi : Ce n'est pas le fait de vouloir le voir absolument démissionner qui empire la crise ?
Edouard Fritch : Non, je ne crois pas, je ne crois pas. En tous les cas, je n'en ai jamais parlé, personnellement, avec monsieur Tong Sang et je crois que mon parti politique ne l'a jamais demandé. C'est lui-même qui a introduit la chose. Et aujourd'hui, je crois qu'il souhaite en effet faire complètement différent que ce qu'il a dit hier. Ce pacte, à mon avis, est son rêve, mais un rêve illusoire !
Natacha Szilagyi : Alors lorsque Gaston Tong Sang déclare qu'un seul homme finalement est responsable de l'instabilité politique en PF depuis 2004 et que cet homme c'est Gaston Flosse, vous êtes un peu choqué, totalement scandalisé ou un peu d'accord avec lui sans pouvoir le dire ?
Edouard Fritch : Non, je suis choqué parce qu'on a pour habitude dans ce pays, et depuis quelques temps, de rejeter l'erreur, de rejeter la faute sur les autres. M. Gaston Flosse a fait preuves de ses capacités à diriger ce pays ; on ne peut rien lui reprocher à ce niveau là. Aujourd'hui c'est vrai qu'il faut peut-être regarder ce qui peut se passer demain. Mais ce qu'il faut savoir aussi, c'est que Gaston Flosse a travaillé avec une équipe. C'est un monsieur qui sait diriger une équipe !
Ce qui n'est pas le cas de monsieur Tong Sang aujourd'hui. Manifestement, il travaille tout seul. Et aujourd'hui, il va tenter de travailler avec 5 ou 6 ministres qui, jusqu'à présent, n'ont pas tellement fait leurs preuves je crois.
Natacha Szilagyi : Edouard Fritch, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation ce soir.
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