Edouard Fritch au Journal Télévisé sur TNTV
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Transcription de l'interview
Sam Teinaore : Edouard Fritch, bonsoir.
Edouard Fritch, ancien VP de la PF : Bonsoir.
Sam Teinaore : Donc, actuellement Gaston Tong Sang n’a plus de majorité à l’assemblée, n’a toujours pas de majorité à l’assemblée, il n’a plus vraiment d’opposition au sein du Gvt. Est-ce à dire que Gaston Tong Sang veut diriger la Polynésie depuis la présidence sans y associer l’APF ?
Edouard Fritch : En tous les cas, quelque part j’ai en effet l’impression qu’il a souhaité aujourd’hui se débarrasser, non pas d’une opposition, non pas d’une opposition au sein du Gvt, car nous avons été, jusqu’au bout, loyal avec M. Tong Sang, nous avons été fidèles puisque nous avons été disciplinés et suivi le Gvt jusqu’au bout. Lorsque j’entends dire que les ministres Tahoeraa refusent de soutenir ce budget, c’est complètement faux ! Nous étions les seuls à l’assemblée de PF, samedi dernier, à défendre ce budget ; tous les ministres et y compris le Pdt étaient partis. Nous refusons d’anticiper la décision du Haut Conseil, qui a été lui-même consulté par M. Tong Sang à deux reprises. Et le seul conseil que je lui ai donné, avant de quitter la table des discussions, c’est qu’il ferait mieux, car c’est la solution de la sagesse que t’attendre donc que l’avis du Conseil soit divulguée le 15 mars prochain, et ainsi prendre une décision fondée, et ne pas se retrouver, dans 15 jours encore, avec un micmac qui ne ressemble à rien pour la Polynésie.
Sam Teinaore : Est-ce que cette décision est précipitée ? Aujourd’hui, est-ce que vous allez réagir, on va dire du tac-au-tac, déposer une motion de défiance ?
Edouard Fritch : Ce qui est certain c’est que cette décision n’emporte pas de perspectives louables pour le pays. Au contraire, il ajoute une crise à la crise. Au contraire, il ajoute la confusion à la confusion. Plus personne ne comprend rien aujourd’hui. Dès jeudi dernier, nous avons refusé de signer ces lois. Jeudi dernier, je lui envoie une lettre pour expliquer la position du Tahoeraa Huiraatira. Lundi matin, il nous envoie une lettre d’excuses, pour se dire : oui, en effet, je me suis trompé. Lundi soir, il nous vire du Gvt. Allez y comprendre ce qu’il y a derrière ! Moi, je n’ai rien compris et je pense que M. Tong Sang a pris là une décision plutôt d’ordre politique qui le concerne, lui, directement.
Sam Teinaore : Oui, justement, quel type de… qu’est-ce qui pourrait se tramer derrière tout ça ?
Edouard Fritch : Ecoutez, depuis quelque temps vous avez vu que le Pdt Tong Sang s’empêtre dans les problèmes en n’ont plus finir. Au niveau des réformes du pays, pas grand-chose n’a avancé ; on attend toujours cette fameuse réforme des finances. Nous attendons la réforme de la PSG, nous attendons la réforme des services administratifs. Rien ! Et de l’autre côté, les ministres Tahoeraa Huiraatira travaillent. Aujourd’hui, nous avons pu instaurer dans notre pays un véritable partenariat avec les communes, avec l’Etat ; tout fonctionne bien. Donc, j’ai envie de dire que, quelque part, nous lui apportions peut-être de l’ombre et c’est la raison pour laquelle il nous a débarqué de ce Gvt.
Sam Teinaore : Si jamais le Conseil d’Etat et le TA donnaient raisons à l’assemblée, disant que le seul budget valable est celui adopté par l’APF, est-ce que vous allez demander la démission de Gaston Tong Sang ?
Edouard Fritch : Ah ben, je crois que ce sera pas à moi tout seul, ni les ministres qui auront été débarqués, mais je crois que c’est tout l’assemblée qui le fera. Et pour une fois, je crois qu’ils prendront une décision commune qui ne tardera pas à lui arriver !
Sam Teinaore : A partir d’aujourd’hui donc et pendant 3 mois vous ne pourrez pas regagner les bancs de l’assemblée. Qu’est-ce que vous allez faire pendant ces 3 mois ?
Edouard Fritch : Non, pendant 3 mois, donc nous ne pourrons pas, nous serons rémunérés, nous aurons notre indemnité, comme les personnels qui nous ont servi. Ce coup de M. Tong Sang va coûter 300 millions au Pays ; 300 millions au Pays ! Mais, néanmoins, nous mettrons à profit ce temps pour, avec mes collègues ministres, Riveta, Lana Tetuanui et Iriti Teura, pour aller au contact de la population. Je crois qu’on fera un petit peu de politique. On ira, en tous les cas, écouter nos populations et puis essayer de préparer des avenirs plus glorieux pour notre pays.
Sam Teinaore : Donc la motion de défiance n’est pas encore à l’ordre du jour ?
Edouard Fritch : Pour le moment, non.
Sam Teinaore : Merci beaucoup, Edouard Fritch, d’avoir répondu à notre invitation et à nos questions. |